HEIDEGGER (Martin). | Ensemble de 35 photos relatives à Heidegger prises par Roger Munier lors de ses rencontres successives avec le philosophe entre 1950 et 1972 (Tirages de l'époque en différents formats allant de 8,8 x 6,5 cm à 13 x 9 cm).

HEIDEGGER (Martin).

Ensemble de 35 photos relatives à Heidegger prises par Roger Munier lors de ses rencontres successives avec le philosophe entre 1950 et 1972 (Tirages de l'époque en différents formats allant de 8,8 x 6,5 cm à 13 x 9 cm).

Collection unique de photographies originales, la plupart inédites, représentant le philosophe allemand en compagnie de ses principaux disciples français : Roger Munier qui rencontra le maître à l'âge de 26 ans et devint l'un de ses premiers traducteurs en France, René Char qui l'invita au Thor en 1968 afin d'y donner son premier séminaire, mais aussi Jacques Lacan, Jean Beaufret, Kostas Axelos et Michel Deguy. La première série de 9 clichés se situe dans la propriété du philosophe à Todtnauberg à l'été 1950, avec plusieurs beaux portraits le montrant en calote blanche ! Deuxième série à Guitrancourt avec 5 photos chez Jacques Lacan en août 1955. Ensuite 15 photographies chez René Char dans le Vaucluse lors des séminaires d'été en 1968 et 1969. Et pour finir, l'ultime rencontre avec le philosophe en 1972 dans sa propriété de Fribourg in Brigsau. Il se dégage de la plupart de ces images sur fond de paysages estivaux une atmosphère de fraternelle camaraderie. Un note de la main de Munier retrace brièvement le premier face à face entre Char et Heidegger qui eut lieu le 21 août 1955 au 9 passage Stendhal à Paris, chez Jean Beaufret. C'est la rencontre de deux intérêts bien compris, après plusieurs années de discrètes approches et évaluations réciproques. A cette date, Martin Heidegger n’est en effet considéré outre-Rhin, guère plus que comme un ancien fonctionnaire du Reich discrédité par ses compromissions avec les nazis. La philosophie institutionnelle allemande n’a alors d’yeux que pour Carl Gustav Jung. Ce que Martin Heidegger aperçoit dans la perspective d’un rapprochement avec René Char, plus encore que dans celle d’un sommet philosophique avec Lacan (qui eut lieu juste après), c’est la légitimité morale et politique du poète-résistant qui combattit par les armes dans le maquis de Céreste. De son côté, René Char nourrit un espoir secret : depuis la publication en 1948 du livre de Georges Mounin sur son compte, qui est venu consacrer auprès du grand public le mythe de la figure morale du poète, il rêve de voir Heidegger écrire sur ses poèmes une somme philosophique aussi décisive que celle que ce dernier a consacrée à Hölderlin. Il n’est pas anodin que Jean Beaufret et Roger Munier, les deux artisans infatigables de cette rencontre aient été, pour l’un, le destinataire, pour l’autre le traducteur français de la "Lettre sur l’humanisme" publiée par Heidegger en 1949. C’est en effet dans ce texte, conçu comme une tentative de réévaluation politique de son œuvre métaphysique, qu’Heidegger définit l’homme comme « le berger de l’être », axiome qui servit de plateforme à sa rencontre avec le poète... On joint à ce bel ensemble provenant des archives de Roger Munier les deux volumes qu'il a publiés sous le titre "Séminaire du Thor" (1968 et 1969, respectivement tirés à 100 puis 200 exemplaires).
  • 6 000 €
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