VOLTAIRE. | Lettre signée "V" adressée à Jean-François Marmontel.

VOLTAIRE.

Lettre signée "V" adressée à Jean-François Marmontel.

2 pages et demie, Ferney, 17 mars 1765, adresse au dos du second feuillet, déchirures avec manque de papier au coin supérieur droit et atteinte à deux lignes. Superbe lettre écrite après la réhabilitation de Calas et de sa famille le 9 mars. "Mon cher ami, je reconnais votre coeur à la sensibilité que les Calas vous inspirent. Quand j’ai appris le succès, j’ai versé longtemps de ces larmes d’attendrissement et de joie que Mlle Clairon fait répandre". Il ne tarie pas d'éloges sur l'implication de la comédienne du Français : "Je la trouve bien heureuse, cette divine Clairon, non seulement elle est adorée du public, mais encore Fréron se déchaîne, à ce qu’on dit, contre elle". Le journaliste Elie Fréron (1718-1776), par le biais de son périodique l’Année littéraire mettait en doute la sincérité des mobiles du protecteur de la famille Calas et s'en prenait régulièrement aux alliés du philosophe, dont Mlle Clairon. Voltaire, qui surnomme son plus fervent détracteur "Maître Aliboron", rapporte un petit huitain à l'encontre du journaliste hargneux :"On nous écrit que maître AliboronÉtant requis de faire pénitence :Est-ce un péché, dit-il, que l’ignorance ?Un sien confrère aussitôt lui dit : Non ;On peut très-bien, malgré l’An littéraire.Sauver son âme en se faisant huer ;En conscience il est permis de braire ;Mais c’est pécher de mordre et de ruer."Et Voltaire de conclure :"Je trouve maître Aliboron bien honoré qu’on daigne parler de lui ; il ne devait pas s’y attendre. On a mandé de Paris qu’il allait être secrétaire des commandements de la reine. J’avoue pourtant que je ne le crois pas, quoique la fortune soit assez faite pour les gens de son espèce."Il termine en se plaignant de vieillir, puis présente ses respects à Madame Geoffrin chez qui il suppose que loge toujours Marmontel.
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