COLETTE. | La Seconde.

COLETTE.

La Seconde.

Paris J. Ferenczi et Fils 1929

in-12, plein maroquin marron fauve, dos lisse, fine bordure intérieure de même maroquin avec filet doré en encadrement, doublures et gardes de daim miel, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, chemise demi-maroquin marron fauve à bandes, étui bordé (C. et J.-P. Miguet), 270 pp. Edition originale. Un des 50 exemplaires numérotés sur Japon impérial super-nacré, tirage de tête. Belle reliure janséniste du couple Miguet. Véritable édition originale, constituée des seuls grands papiers, comme l’indiquait l’éditeur, le 15 février 1929, dans la Bibliographie de la France : « Pour paraître fin courant : l’édition originale comprenant exclusivement les grands papiers. L’édition ordinaire à 12 francs sera mise en vente le 10 mars. »Avec ce roman, Colette retrouve le monde du théâtre qui lui est cher et initie un nouveau cycle consacré au couple et à la jalousie. Farou, un auteur dramatique, est marié à Fanny, et entretient une liaison avec Jane, une amie que le couple héberge. Que faire quand on est une femme et qu’on découvre l’infidélité de son mari ? Lui en parler ? faire une scène ? Non, car l’infidélité se décline bien souvent au pluriel, et mieux vaut s’entraider entre femmes contre le mari ou l’amant volage : « On n’est pas trop de deux pour être seule avec Farou... contre Farou... ».Le projet du roman remonte à 1922 et fut sans doute largement inspiré par la liaison d’Henry de Jouvenel avec la couturière Germaine Patat, dont Colette sut se faire une alliée et une amie. D’abord intitulé Le Double, comme en atteste un manuscrit de premier état aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de France, daté de mai 1928, l’ouvrage paraît dans Les Annales politiques et littéraires, dirigées par Pierre Brisson, du 1er janvier au 1er mars 1929, et parallèlement chez Ferenczi.Après plusieurs incursions dans l’écriture autobiographique (La Maison de Claudine, La Naissance du jour), Colette revenait au « roman roman » à la 3e personne et proposait à ses lecteurs une nouvelle variation sur le thème de l’amour dont elle n’avait pas fini d’explorer les infinies possibilités. Le roman sera adapté au théâtre dès 1931 avec la collaboration de Léopold Marchand et créé trente ans plus tard en 1951 au théâtre de la Madeleine avec André Luguet, Maria Casarès et Hélène Perdrière dans les rôles principaux. Parfaite reliure janséniste pour un roman qui ne l’était pas...Bibliographie : Alain Brunet, « Du « Double » à « La Seconde », in Pour Marguerite Boivin, études et recherches sur Colette, Amicitiae Gratia, 1993. (Notice de Frédéric Maget pour le catalogue de la collection Colette des Clarac)
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