COLETTE.

La Maison de Claudine.

Paris J. Ferenczi et Fils 1922

in-12, plein box fauve, dos lisse, plats ornés d'un décor mosaïqué de style Art déco composé de trois fins filets noirs horizontaux que croisent à la verticale deux jeux de triples filets dorés encadrant un listel de box gris anthracite, structure rehaussée d'un listel de box gris anthracite plus large sur lequel viennent s'adosser trois larges listels de maroquin doré, double bordure intérieure de box fauve et crème, doublures et gardes de daim fauve, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, chemise demi-box fauve à bandes, étui bordé (C. et J.-P. Miguet, 1995), 252 pp. Edition originale. Un des 60 exemplaires de tête numérotés sur Japon. Superbe reliure Art déco du couple Miguet. Vingt après la parution des Claudine, la turbulente enfant de Colette et Willy réapparaît sur la couverture d’un nouvel ouvrage, le premier que Colette publie aux éditions Ferenczi. Mais, ne nous y trompons pas. Claudine n’est pour rien dans cette série de textes courts inspirés par l’enfance de l’écrivaine. Ce n’est qu’une ruse éditoriale destinée à susciter la nostalgie et l’intérêt du public. Car « la maison de Claudine », c’est bien celle de Colette. Le recueil est composé de trente textes parus pour l’essentiel dans Le Matin, dans la rubrique « Contes des mille et un matins », les autres ayant été publiés par La Revue de Paris, Les Ecrits nouveaux et, fait suffisamment rare pour être signalé, la Nouvelle Revue française.La critique a abondamment commenté ce retour à l’enfance sur le mode autobiographique et l’apparition, pour la première fois dans une œuvre publiée et sous son nom, de Sido, la mère de Colette, morte dix ans plus tôt en 1912. Est-il pourtant si étonnant qu’un écrivain à l’approche de la cinquantaine éprouve le besoin de se retourner sur son passé ? C’est Bertrand de Jouvenel, alors son jeune amant, enchanté par ses récits – comme le fut Willy en son temps – , qui lui suggéra un voyage à Saint-Sauveur-en-Puisaye… De ce court séjour, dont nous ne saurons rien, sont nés ces textes.Plus que la simple satisfaction d’une demande ou d’une pulsion nostalgique, La Maison de Claudine est d’abord l’occasion d’un profond renouvellement des sources d’inspiration de l’œuvre jusqu’alors peuplée de personnages du demi-monde ou de l’envers du music-hall. En faisant revivre Sido, le Capitaine, sa « sœur aux longs cheveux » et ses frères, « les sauvages » dans le décor édénique de la maison natale, Colette plonge sa plume dans une source vive où puiser de nouvelles images et un nouvel art de vivre.Les lecteurs seront, dès la parution du livre et bien longtemps après, très sensibles à ce tournant pris par l’écrivaine et plébisciteront désormais ses ouvrages de souvenirs. D’une rare perfection formelle et stylistique, d’une beauté et d’une puissance d’émotion constantes, l’ouvrage mérite de figurer parmi les chefs-d’œuvre de la littérature française et valait bien une reliure aussi luxueuse. (Notice de Frédéric Maget pour le catalogue de la collection Colette des Clarac)
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