COLETTE.

1847-1947.

S.l.[Lyon] s.é. [Consortium général de publicité] 1947

plaquette in-4, bradel de papier marron, non rogné, couvertures conservées (Honnelaître), 8 pp. Tiré à part, limité à 11 exemplaires numérotés sur Chine, de la préface de Colette consacrée à Valérie Marneffe, personnage de Balzac, et parue dans la plaquette publicitaire "Commerce et qualité". Reliée à la suite et montée sur onglet, la même préface, d'un format légèrement plus petit sur papier courant. Est jointe une autre plaquette sur double feuillet intitulée "Perce-Neiges", court texte de Colette illustré d'un bouquet des dites fleurs et également imprimé pour "Commerce et Qualité". L’amitié et la reconnaissance que Colette portait au soyeux lyonnais François Ducharne, qui en 1925 lui avait permis de retrouver sa maison d’enfance, sont sans doute pour beaucoup dans cet hommage aux artisans lyonnais. Célébrant dans un contexte de relance de l’économie nationale l’excellence du savoir-faire français en matière de joaillerie, de broderie, de maroquinerie, d’ébénisterie et bien sûr d’arts textiles, elle se prête à un jeu savant de comparaisons entre la mode des années 1840, vue à travers Balzac, et celle du présent.« Je suis né dans Balzac » déclarait Colette. Découvert dans l’enfance, lu et relu, elle possédait de l’œuvre une connaissance parfaite dont témoignent les nombreuses mentions dans ses textes, directes ou indirectes, et les annotations portées sur l’exemplaire de l’édition Houssiaux aujourd’hui conservé dans la maison de Saint-Sauveur-en-Puisaye. Observant les détails des tenues de Mme Marneffe ou de la duchesse de Langeais, des intérieurs de Josépha Mirah, la « fille aux yeux d’or », ou de César Birotteau, elle se plaît à évoquer une « époque qui aima le fini, le compliqué », célèbre l’artisan attentif aux « détails ingénieux autant que puérils », et, surtout, cède au plaisir « de croire Balzac sur parole, de l’accompagner partout où il lui plaît de [la] conduire ».Pas de nostalgie, affirme-t-elle. Elle n’a jamais abandonné le « jeu, captivant entre tous, de [s]’élancer pour rejoindre [son] présent et lui rendre justice. » Doit-on la croire pour autant ? ou plutôt se prêter, à notre tour, au jeu des comparaisons et des ressemblances et imaginer Colette en héroïne balzacienne…Le texte sera repris sous le titre « À propos de Madame Marneffe » dans Trait pour trait (voir n°66).Il est suivi ici d'un autre tiré à part de « Commerce et Qualité » où paraît pour la première fois le texte « Perce-Neiges... » qui sera repris dans les Œuvres complètes en 1950.Bibliographie : Nicole Houssa, « Colette et Balzac », in Revue d’histoire littéraire de la France, janvier-mars 1960 ; Michèle Hecquet, « Colette lectrice de Balzac », in Cahiers Colette n°11, Société des amis de Colette, 1989. (Notice de Frédéric Maget pour le catalogue de la collection Colette des Clarac)
  • 250 €
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