GIDE (André).
Corydon.
Paris Gallimard 1924
in-12, demi-maroquin bleu à coins, dos à quatre nerfs, tête dorée, couvertures bleues et dos conservés, étui bordé (Jean-Etienne), 183 pp. Première édition dans le commerce, en partie originale (préface inédite), après les deux éditions privées de 1911 et 1920, tirées respectivement à 12 et 21 exemplaires [Naville 138]. Un des 550 exemplaires numérotés sur Hollande Van Gelder, seul tirage avec lachevé dimprimer du 7 janvier 1924. Les exemplaires ordinaires sont datés du 9 janvier 1924, le volume ne sera mis en vente quen mai 1924.Ce livre est composé de quatre dialogues dits socratiques où Corydon se fait le porte-parole et le défenseur de la cause homosexuelle et pédéraste. Diffusé deux ans avant le témoignage assumé de "Si le grain ne meurt", cette apologie officielle, fut-ce au détour d'un personnage fictif, est scandaleuse dans les années 1920. Alors qu'il atteint le succès auprès du grand public et que lAcadémie lui tend les bras, Gide sexpose à la réprobation sociale et surtout à la crainte de « contrister une âme, en particulier, qui de tout temps me fut chère entre toutes », à savoir Madeleine (préface, p. 10). La question homosexuelle est bien entendu présente de manière plus ou moins explicite dans de multiples uvres de Gide, et ce dès "Les Nourritures terrestres" (1897). Mais longtemps Gide ne saffiche pas, suggère mais ne déclare pas. Avec "Corydon", il lève le voile et revendique sa morale sexuelle : « je me persuadai que ce petit livre, pour subversif qu'il fût en apparence, ne combattait après tout que le mensonge, et que rien n'est plus malsain au contraire, pour l'individu et pour la société, que le mensonge accrédité » (p. 14).
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