DISDERI (Eugène), DOLLINGEN (Zacharias).

Galerie des contemporains.

Paris Imp. Napoléon Chaix et Cie 1860- 1862

124 livraisons reliées en 5 vol. in-16, demi-chagrin rouge, dos à nerfs, tranches mouchetées.Collection quasi-complète de cette publication illustrée de portraits photographiques au format carte de visite.De parution hebdomadaire, ces 124 livraisons sont toutes présentées sur le même modèle, avec une notice biographique de 4 pages rédigée par le publiciste Zacharias Dollingen et un portrait en pied réalisé dans l'atelier du photographe Eugène Disdéri (1819-1889), tiré sur papier albuminé et contrecollé sur papier fort. Ce procédé de tirage a été inventé en 1850 par Blanquart-Evrard. Il va supplanter le portrait en daguerréotype, surtout à partir de 1854, quand Disdéri dépose un brevet permettant la réalisation de huit clichés identiques sur la même plaque de verre, et donc un tirage huit fois moins cher.Quinze ans avant la célèbre "Galerie contemporaine", ce recueil offre un choix hétéroclite de personnalités, avec des portraits des membres de la famille impériale (dont Disdéri est devenu photographe officiel) : l'empereur et l'impératrice, la princesse Mathilde et même le prince héritier âgé de 5 ans ! Au rang des chefs d'État, on rencontre Abraham Lincoln, Lord Palmerston (d'après peinture), le comte de Cavour et Guillaume III des Pays-Bas. Puis de nombreuses figures de l'aristocratie et de la politique, comme Adolphe Crémieux, le comte de Morny, Émile de Girardin, le vicomte de la Guéronnière, Adolphe Thiers, le duc de Bassano, Guizot, etc. Des personnalités du monde des affaires (Ferdinand de Lesseps, James de Rothschild), de l'armée (maréchal Canrobert, amiral Hamelin, maréchal Mac-Mahon, prince Mikhaïl Gortchakov) et de l'Eglise (cardinal Antonelli, abbé Moigno), voisinent avec quelques peintres et écrivains, comme Rosa Bonheur, Cham, Ingres, Henry Monnier, Horace Vernet, ou Paul d'Ivoi, Alphonse Karr et Arsène Houssaye. Mais c'est le monde des spectacles qui est le mieux représenté, avec Giuseppe Verdi, Pauline Viardot, et une foule de comédiens des deux sexes aujourd'hui complètement oubliés...Le ton léger et humoristique des notices n'y trompe pas, cette Galerie des contemporains n'a d'autre vocation que publicitaire. Disdéri utilise les personnalités à la mode pour populariser son activité de photographe auprès de la bourgeoisie. Le temps d'une petite séance de pose, ces portraits en pied de vedettes déclinent les différents accessoires mis à la disposition des familles dans l'atelier du boulevard des Italiens, qui deviendra le plus grand studio de photographie de la capitale. Nous ignorons comment était diffusé ces livraisons hebdomadaires, mais leur réunion est des plus rares. Nous n'avons localisé qu'un seul exemplaire plus complet que le nôtre, celui de la BNF qui contient 128 livraisons et une page de titre générale. En très bonne condition.
  • 6 000 €
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Livre disponible à Paris