LEDUC (Violette).

Thérèse et Isabelle.

S.l. s.n. [Jacques Guérin], s.d. [1955] S.l. s.n. [Jacques Guérin]

in-4, en feuilles, sous chemise cartonnée recouverte d'un papier à motif floraux avec vignette de titre contrecollée au premier plat et lacets de fermeture de soie noire, 205 pp. Rare édition originale non mise dans le commerce constituée par le fac-similé du manuscrit autographe. Tirage limité à 25 exemplaires, le nôtre n° 17 justifié à l'encre rouge par Jacques Guérin et enrichi d'un envoi autographe signé du même à Carlo Jansiti, spécialiste de l'oeuvre de l'écrivaine : "Violette aurait aimé te dédicacer ce beau livre. Pardonne moi de l'imiter / avec toute ma tendresse / Jacques / 28 mars 1986". En excellente condition. Dès le printemps 1948, Violette Leduc s'attèle à la rédaction de Ravages, encouragé par Simone de Beauvoir qui la sait capable de parler de la sexualité féminine comme personne. Le manuscrit est achevé en mai 1954 mais Gallimard refuser de publier le récit d'un avortement et toute la première partie saphique qui relate la passion amoureuse entre deux collégiennes ; partie fondatrice qui fait contre-point aux deux autres histoires d'amour du récit. L'ouvrage paraît en 1955 dans une version censurée des 150 premières pages. "Je reviens de chez Gallimard détruite. Mon livre a paru mutilé de son début. C'est ce que je préfère de tout ce que j'ai écrit ", se désole Violette Leduc auprès de Jacques Guérin qui prend donc l'initiative de cette édition de luxe hors commerce pour consoler son amie [cf. Carlo Jansiti, Violette Leduc, Grasset, 1999]. "Thérèse et Isabelle" paraîtra par la suite en 1966 chez Gallimard, mais dans une version là encore expurgée. Il faut attendre l'an 2000 pour découvrir le texte intégral du manuscrit de 1954 dans l'édition publiée par Carlo Jansiti, toujours chez Gallimard.On joint deux rares photographies originales de l'autrice. Sur la première (4.8 x 7.2 cm), datée "Douai 1925", on reconnaît Violette Leduc jeune, accompagnée d'une partenaire de tennis. C'est dans ce collège de Douai que Violette fit la connaissance d'Isabelle Prévot (première passion amoureuse qui inspira Thérèse et Isabelle) et de Denise Hertgès,surveillante et professeure de musique avec qui elle entretiendra une relation de neuf ans (Denise apparaît sous les traits de Cécile dans Ravages et de Hermine dans La Bâtarde). Le second cliché, (9 x 12 cm) montre Violette Leduc entourée de ses camarades et porte au verso la légende à la mine de plomb "Paule, Thérèse, Jeanne, Violette, Suzanne / Juillet 26 - Douai".
  • 4 500 €
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